Melancholia

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Les Sages d’autrefois, qui valaient bien ceux-ci,
Crurent, et c’est un point encor mal éclairci,
Lire au ciel les bonheurs ainsi que les désastres,
Et que chaque âme était liée à l’un des astres.
(On a beaucoup raillé, sans penser que souvent
Le rire est ridicule autant que décevant,
Cette explication du mystère nocturne.)
Or ceux-là qui sont nés sous le signe SATURNE,
Fauve planète, chère aux nécromanciens,
Ont entre tous, d’après les grimoires anciens,
Bonne part de malheur et bonne part de bile.
L’Imagination, inquiète et débile,
Vient rendre nul en eux l’effort de la Raison.
Dans leurs veines le sang, subtil comme un poison,
Brûlant comme une lave, et rare, coule et roule
En grésillant leur triste Idéal qui s’écroule.
Tels les Saturniens doivent souffrir et tels
Mourir, — en admettant que nous soyons mortels, —
Leur plan de vie étant dessiné ligne à ligne
Par la logique d’une Influence maligne.

Paul Verlaine, Introduction aux Poèmes Saturniens

Voici une description fidèle, bien que peu engageante, pour le type humain que les anciens grecs appelaient mélancolique, du nom d’une humeur organique hypothétique de l’époque: la bile noire, melancholos. Ils lui attribuaient le potentiel de grands exploits, comme en atteste ce fragment attribué à Aristote:

Pour quelle raison tous ceux qui ont été des hommes d’exception, en ce qui regarde la philosophie, la science de l’État, la poésie ou les arts, sont–ils manifestement mélancoliques, et certains au point même d’être saisis par des maux dont la bile noire est l’origine[…]?

La mélancolie n’est pas que de la tristesse: la bile noire pouvant s’échauffer ou se refroidir très vite, elle peut causer à la fois l’apathie et la frénésie. Elle peut donner des désirs sexuels impérieux ou, au contraire, pousser à se retirer du monde. bref, elle mène à tout, sauf à la tiédeur. En fin de compte, cette humeur est difficile à cerner, et à fait couler beaucoup d’encre. Mais il me semble qu’on peut en donner les traits synthétiques suivants:

– Humeurs diverses mais d’une grande intensité (quand le terme de « mélancolie » est entré dans le vocabulaire médical, il a commencé par désigner le trouble bipolaire). D’après Aristote, l’état de tristesse peut être du précisément à un excès d’excitation. Peut-être aussi qu’il s’agit du seul état de repos et de stabilité que la bile noire puisse garantir.

– Polymorphisme, tendance à la concentration profonde, au détachement, savoir se glisser dans des personnages, ou dans la peau des autres. Ce vieux renard de Freud a synthétisé ces traits sous la notion d' »oubli du Moi ».

– Nostalgie, soif de quelque chose d’indéfinissable.

Certains auteurs associent ce caractère à la planète Saturne, à qui l’on attribue pourtant des traits un peu différents, notamment un côté austère et moralisateur. Mais peut-être y’a-t-il des liens insoupçonnés au premier abord:

– Saturne donne de la profondeur et du poids à ce que font les natifs. Il existe des saturniens fantasques, partant dans des voies très personnelles, mais de façon très maitrisée.

– Se mettre dans la peau des autres est peut-être la clé de la moralité (tout de même variable) des saturniens, et de la tendance qu’ont certains de ne penser qu’en impératifs catégoriques.

– Enfin, Saturne est une sorte de porte vers le monde divin, que nous verrons plus en détail dans le prochain article. Le signe du Capricorne était pour les anciens « la porte du ciel », à l’opposé du Cancer, « porte des enfers ».

N’oublions pas en effet, que Saturne n’est pas un dieu mais un Titan, la génération antérieure de divinités, chassée par les olympiens. C’étaient probablement des dieux plus sauvages, des forces vives de la natures, et porteurs de cultes bien plus mystiques et vivants. Si les dieux de l’Olympe, plus intellectuels, règnent en maîtres dans toute l’histoire grecque connue, il semble que leur culte ait manqué de quelque chose de vivant, au point d’entrainer de nombreuses importations de dieux asiatiques dans les mondes hellénique puis romains: Aphrodite (l’Astarté babylonienne), Dionysos, Cybèle… et même le dieu du judaïsme, qui, il y a deux mille ans, attirait bien des Gentils dans les synagogues.

Ainsi, peut-être que tout simplement, le type mélancolique n’est-il que le symptôme de cette énergie des Titans, cette intensité vitale qui cherche à rentrer dans la vie des hommes. Après tout, le signe du Capricorne commence aussi, désormais, par la naissance de Celui qui a dit:

Voici, je suis à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai pour dîner; moi avec lui, et lui avec moi.

Apocalypse 3, 20

Le Grand Bénéfique

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En astrologie, il existe un facteur capable d’apporter de la chance: la planète Jupiter, surnommée « le grand bénéfique ». Accomplissant une révolution autour du Soleil en environ douze ans, elle reste dans chaque signe un peu moins d’une année. C’est assez long; c’est pourquoi elle compte particulièrement en des positions spécifiques (près de l’Ascendant ou du Milieu du Ciel, par exemple). Domiciliée en Sagittaire et Poissons, exaltée en Cancer, elle peut servir chez tout le monde de « porte-bonheur », y compris dans des signes d’exil (Gémeaux et Vierge) ou de chute (Capricorne). Associé au chef des dieux romains, elle symbolise la royauté, les honneurs et l’autorité. Mais on peut se demander légitimement comment elle les obtient; d’autant que le concept de « chance » est, au mieux, un peu hasardeux.

Pour commencer, un constat: les signes domiciles de Jupiter sont diamétralement opposées à ceux de Mercure (Gémeaux et Vierge, justement), ce qui fait des domiciles de l’un les positions d’exil de l’autre. Comme pour Mars et Vénus, on peut donc se dire qu’il s’agit de deux concepts opposés mais complémentaires. Or, les sens de Mercure st bien connu: il s’agit du moi conscient, du verbe, du commerce, et surtout de la pensée rationnelle. On peut en déduire que Jupiter pilotera plutôt la relation à l’inconscient, à l’émotion, à l’irrationnel, et, partant, au subliminal. Soit, deux pistes:

  • D’un côté jungien, Mercure représente le Moi conscient; Jupiter représente donc le pôle opposé, la fonction de relation avec l’inconscient: animus chez la femme, anima chez l’homme. C’est le sommet de l’Olympe, le pont entre le ciel et la terre.
  • D’un autre, dans une opposition malheureusement un peu oubliée, Mercure représente l’esprit d’analyse; ce qui fait logiquement de Jupiter l’ambassadeur de l’esprit de synthèse.

L’analyse consiste à découper un problème en sous problèmes plus faciles à traiter. Cependant, on comprend bien qu’en faisant ça, on finit, comme quand on mange des artichauts, avec une assiette plus remplie avant qu’après l’opération. Et c’est justement le défaut des signes mercuriens: la dispersion. Les Gémeaux font des pieds et des mains dans tous les sens, émettant des idées, et des paroles, en une brume qui se dissipe rapidement. Chez les natifs du signe, c’est Jean d’Ormesson écrivant toujours le même livre, où Jean-Marie Le Pen ne parvenant jamais au pouvoir à force de provocations. Chez la Vierge, c’est la tendance au perfectionnisme et au contrôle (Louis XIV et l’étiquette), à l’instauration d’une culture qui peut amener à la répétition (Cabu, Tim Burton). Mercure marque aussi la recherche contemporaine, qui multiplie les articles, les concepts, jusqu’à étouffer sous la paperasse. Notons qu’il semble

L’esprit de synthèse permet au contraire le regroupement, le rassemblement. C’est pourquoi, là où Mercure crée quelque chose de plus vaste que l’individu, Jupiter ramène des concepts vastes à la dimension humaine. Ainsi, il permet d’avancer toujours plus loin en « mangeant » la complexité du monde devant lui, et s’appuyant dessus pour avancer. D’où son association à l’aigle, qui s’envole dans les hauteurs en brassant l’air de ses ailes. Même si, malheureusement, la nature rapace de l’aigle nous oriente sur le côté négatif de cette force, qui serait, disons, son abus: le parasitisme ou les excès en tous genres. la notion de lien à l’inconscient est également importante car, c’est lui qui récupère les informations « subliminales » (surtout chez l’homme, à travers l’anima, fonction de sensibilité) et qui est le dépositaire des préjugés (surtout chez la femme, à travers l’animus, dépositaire de l’autorité)

Ce concept de synthèse se décline sous deux aspects: extraverti, c’est le Sagittaire; introverti, les Poissons. On associe au premier les notions de voyage, de multiculturalisme et de loi. En fait, tous ces aspects se rencontrent dans la notion de synthèse: le Sagittaire (dans sa forme la plus accomplie, car il peut tendre au conformisme) va faire des rencontres, observer des comportements divers, puis les synthétiser sons la forme d’une loi morale basé sur les traits les plus universels, selon la formule de l’ascendant Sagittaire Jürgen Habermas: « Au lieu d’imposer à tous les autres une maxime dont je veux qu’elle soit une loi universelle, je dois soumettre ma maxime à tous les autres afin d’examiner par la discussion sa prétention à l’universalité« . On peut aussi constater cette marque chez le politologue et ethnologue Alain de Benoist, natif du signe (et aussi jupitérien par son ascendant Cancer), dont l’œuvre prolixe et protéiforme porte nettement la marque de Jupiter. La notion d’autorité morale se retrouve également chez les papes, dont un certain nombre sont marqués par le signe: François (natif), Jean-Paul Ier (Jupiter et Ascendant), Jean XXIII (natif et Ascendant), Pie XII (Jupiter). Ce qui n’est pas étonnant: comme je l’ai dit, Jupiter est le pont entre le ciel et la terre, et c’est même de cette notion que provient le concept romain de pontifex (grand-prêtre et législateur religieux) à la racine de la notion et du terme de « souverain pontife« .

Quant aux Poissons, il se traduit dans le domaine de la sensibilité, par la mise en place d’un ensemble de symboles, d’un monde intérieur auquel sont ramenées toutes les données du monde extérieur. Ainsi, on a pu voir le natif Georges Dumézil (représentatif de l’infini associé au signe par la trentaine de langues qu’il parlait), ethnologue, introduire dans la mythologie comparée (dont nécessairement synthétisée) la notion d’organisation tripartite des sociétés indo-européennes, que j’ai déjà évoquée ici. On voit ici la synthèse introvertie à l’œuvre: l’émergence d’un concept central permettant de condenser des pans entiers de connaissance humaine. Dans d’autres domaines, c’est leur conception très particulière de leur métier qui a fait la fortune des natifs Bernard Arnaud (le luxe doit être une industrie comme une autre), Luc Besson (le cinéma doit être une industrie comme une autre), et Jacques Séguéla (la publicité comme usine à rêves). On sent d’ailleurs chez ce dernier, quand il parle, un côté presque mystique (un marqueur courant du signe), que ses détracteurs prennent un peu vite pour du sophisme. Moi, je pense qu’il est tout à fait (bon allez, disons 80%) persuadé de ce qu’il dit. Tout au moins, ceux qui sont marqués par le Poissons voient le monde à travers le prisme de leur système, et tendent à s’exprimer à travers lui; ce qui donne d’ailleurs au signe une réputation sibylline, qui peut s’accommoder difficilement de la pensée discursive (signe de chute de Mercure). Notons enfin que Benoît XVI, Jupiter conjoint Ascendant en Poissons, est marqué à la fois par les notions Poissons et jupitériennes de mystique et d’infini, par la portée et l’ampleur que beaucoup dans l’Église attribuent à son œuvre théologique.

On aura bien sûr remarqué le lien net entre ces deux expressions de l’esprit de synthèse et les fonctions inconscientes de Jung, anima et animus: le Sagittaire aboutit précisément au rôle législateur de l’animus, tandis que les Poissons correspondent au rôle de traitement d’informations joué par l’anima.

Il reste le Cancer, signe d’exaltation, donc de croissance, de la planète Jupiter: il est le signe à la fois de l’enracinement (donc des valeurs traditionnelles et la « décence commune« , selon une expression du natif George Orwell) et de la sensibilité extra-lucide, les deux branches dont partent les deux versants de Jupiter. D’ailleurs, on prête au Cancer d’être à la fois casanier et amateur de voyages; ce qui peut sembler paradoxal, mais tend plutôt à dire que, pour se sentir bien avec les autres, il faut d’abord se sentir bien chez soi.

Thème astral

Bon, on me demande une analyse de thème en commentaire; tant qu’à faire, autant faire un article, pour l’édification de tous mes chers lecteurs. Édification, car le thème est plutôt simple, mais montre bien que l’astrologie est un art plus qu’une science (enfin, en espérant ne pas trop me tromper bien sûr)

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Ici, les planètes forment des groupes distincts, qu’il faut prendre soin de traiter ensemble:

– Lune et Jupiter: ces planètes ne sont pas en conjonction, mais sont tous deux maître de l’Ascendant, le Cancer. Elles sont aussi toutes deux dans la même maison (XII, les épreuves).

– Soleil, Lilith, Mars et Mercure en Fond du Ciel, position angulaire donc très puissante.

– Vénus et Pluton conjointes en Scorpion, domicile de la seconde mais exil de la première, le tout au cupside de la maison V (loisirs, amours et enfants)

– Saturne, Neptune et Uranus (planètes collectives) en Capricorne maison VI (le service)

De là, on peut rechercher les planètes dominantes; ici, je dirais: Mercure (Fond du ciel, reçoit les deux luminaires), Lune (maître de l’Ascendant et de la symbolique Fond du Ciel), Saturne (en domicile, fort groupements dans des signes de dignité que sont le Capricorne et la Balance) et Pluton (ou convergent de nombreuses influences). A première vue, on peut se dire qu’il y a beaucoup de « mauvais » aspects (carrés et oppositions, en rouge), mais regardons mieux: tous ces aspects tendus concernent en fait plusieurs planètes en conjonction donc liées entre elles. Il vaut donc mieux prendre du recul et synthétiser, soit considérer qu’il s’agit d’aspects « simples » entre groupes de planètes.

Ainsi la situation devient assez claire. On remarque une opposition entre le groupe des maitres du Cancer (recherche de ses racines, vie intérieure) et le groupement en Capricorne qui appelle à un rôle social exigeant. Le premier groupement étant dans la maison des épreuves, on peut supposer qu’il est le grand perdant de l’affaire. La thématique du Cancer étant peu ou prou la même que celle du Fond du Ciel, c’est sur celui-ci que se reporte le besoin d’introspection et de confort, donc sur Mercure, qui plus est stimulé par les luminaires en signes mercuriens. Outre ce fardeau, celui-ci qui se retrouve écartelé par les carrés entre les deux positions précédentes, et ce doublement car si le Fond du ciel s’assimile au Cancer, la planète est dans le signe de la Balance, exaltation de Saturne. La conjonction avec Mars peut y rajouter une couche de tension, mais de toute façon, la planète de l’intellectualité n’est pas la plus adaptée à l’introspection, et risque soit de se noyer dans les émotions, soit de leur claquer la porte au nez en se repliant sur la rationalité et le contrôle.

Face à cette situation, deux échappatoires: d’une part, le Milieu du Ciel en Bélier peut inviter à développer l’énergie de ce signe, afin de compenser la position opposée (soit le groupe mercurien); mais la piste la plus intéressante est peut-être celle du groupe Vénus-Pluton en Scorpion, bien que la première soit en exil. Vénus est le maître de la Balance, ou se situe le groupe mercurien, tandis que Pluton est maître du signe (et aussi du Bélier au Milieu du Ciel). En suite, le groupement est le seul à présenter des aspects « bénéfiques » (trigone et sextile, en bleu), et aucun négatif. Il faut comprendre ces aspects comme ceci: le Scorpion est un bon compromis entre le Cancer et le Capricorne, en contact avec la vie intérieure comme le premier, mais avec la lucidité aigüe du second. Comme on est ici au cupside de la maison V, celle des loisirs et des amours, le tandem Vénus-Pluton devrait jouer à plein dans la vie amoureuse et déclencher des passions (Pluton est la planète de la libido et du magnétisme) potentiellement dures à vivre. Le tout serait de comprendre ces passions et les analyser, afin de mettre la vie intérieure sous le regard de Mercure.

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Pluton procède largement par projections: ce qui l’excite provient souvent d’aspects cachés de la vie intérieure, mais c’est le propre du signe de faire remonter ce qui est caché à la surface, même le moins reluisant. La dualité Vénus-Scorpion est puissante. Position d’exil, elle peut rendre difficiles les rapports sociaux en les chargeant d’énergie, attisant les attractions mais aussi les répulsions, avec un cortège de jalousies ou de colères. Elle fait (ou, chez les hommes, rend attiré par) les femmes fatales, dans tous les sens du terme, mais c’est également la signature de la déesse Perséphone, l’épouse d’Hadès, qui passe l’hiver chez lui aux Enfers mais ramène la fertilité à son retour. C’est d’ailleurs pourquoi les Grecs donnaient à leur dieu infernal le surnom qui est devenu son nom romain: Pluton, « le riche ».

Mars en Cancer

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Le succès grandissant de ce blog, qui approche les 3000 vues (autant dire que Facebook n’a qu’à bien se tenir) me vaut une requête d’une demoiselle pour décrire Mars en Cancer, position réputée négative car il s’agit du signe de chute de cette planète. Déjà, comme pour Mars en Balance, cette position est surtout embêtante pour les hommes étant la planète de la virilité (bien que, chez les femmes, elle signifie en plus ce qui attire chez les hommes). Mais plus généralement, c’est la planète de l’action dans le monde, avec une tonalité guerrière de conquête. D’où les différentes déclinaisons: en domicile en Bélier, elle est pleinement martiale, en exil en elle représente davantage la riposte ou la diplomatie. En cancer, elle est en chute, ce qui est un peu plus complexe: l’énergie de la planète tend à disparaitre mais seuls ses fruits demeurent; c’est la symbolique de l’automne, à l’opposé de l’exaltation qui a une symbolique printanière de croissance: pour Mars, c’est le Capricorne, qui représente la stratégie, la préparation au combat.

Or, le Cancer est le signe du foyer, du confort et de l’intimité. Mars dans ce signe est donc dévolu à la défense de l’intimité. C’est donc pour cela qu’elle est en chute: elle maintient les frontières existantes plutôt que de les repousser, elle reste dans le territoire, « fruit » de la conquête. C’est donc une position qui ne tire pas forcément parti de toute la puissance marsienne (Louis XII et l’échec de la campagne d’Italie), vu qu’elle n’incite pas à sortir de sa zone de confort, ou alors sous l’impulsion de l’émotion (symbolique Cancer). Zinedine Zidane doit peut-être à son Mars en Cancer de parfois agir, disons, sur des coups de tête.

A statue depicting former French national soccer team player Zidane's head-butt on Italian defender Materazzi during the 2006 final of the soccer World Cup is seen in front of the Centre Pompidou modern art museum in Paris

Comme pour Mars en Balance, cela n’empêche pas d’avoir un Mars puissant (Zidane, Lino Ventura, tous deux sportifs professionnels avec le Soleil et Mars en Cancer), simplement cela modifiera son utilisation. Bien aspecté, par exemple à l’ascendant, Mars en cette position peut pousser à travailler avec énergie dans des domaines Cancer, la tradition, l’enfance, la maternité (même si le revers de la médaille est qu’il y apporte parfois le conflit, comme chez Catherine de Médicis).  Je connais un obstétricien avec cette position, par exemple: l’alliance de la chirurgie (Mars) et de la maternité (Cancer). On peut également y voir le succès de Marine Le Pen, qui a Mars en Cancer en maison X: la défense de la tradition au service de la carrière. Il faut dire que, comme dans les autres signes d’eau, Mars peut y gagner un côté intuitif. Le cancer est un signe lunaire, peu compatible avec Mars, mais aussi jupitérien, planète de chance et de voyage qui peut lui donner de l’ampleur.

Le fait de travailler dans un domaine Cancer est donc un moyen de bien vivre cette position, mais le mieux est encore de faire mûrir le signe, pour en tirer le meilleur. En effet, le Cancer, symétrique du Capricorne, est le signe de l’enracinement et de la stabilité. Sa symbolique habituelle de foyer et de famille peut être étendue puis transcendée pour identifier le passé en général, donc l’histoire et la tradition. C’est donc le signe de la sensibilité, mais aussi de la mémoire, qui tout deux facilitent l’esprit de synthèse et l’intuition. L’exaltation de Jupiter dans ce signe en est le symbole, et les natifs du Cancer sont réputés à la fois casaniers et voyageurs (le voyage étant d’essence jupitérienne). La stabilité lunaire donne alors un socle émotionnel solide permettant de partir en exploration, à moins justement que le natif n’erre à la recherche d’un foyer symbolique.

Bref, la meilleure solution est de se situer sur un plan plus global que l’intimité: soit que l’on prenne le côté paternel du signe dans un sens plus large (Karl Marx, défenseur du prolétariat et saint Jean XXIII « le bon pape », tous deux Mars en Cancer), soit que l’aspect jupitérien porte vers d’autres horizons (Lord Byron, Ferdinand Foch) ou encore fasse travailler dans un domaine créatif (Mozart, Cocteau) ou traditionnel (Jidda Krishnamurti, Nostradamus).

Lune en Capricorne

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Après Mars en Balance, penchons-nous sur une autre position d’exil. Qu’obtient-on quand la planète de l’enfance, luminaire donneur de vie et de confort, dans le signe de la vieillesse, de la sécheresse et de la responsabilité? Pas besoin d’être grand clerc pour deviner le résultat: la Lune en exil en Capricorne, comme en chute dans le Scorpion, écrase tout le reste du thème en coupant la source de vitalité et de joie de vivre du natif. Au programme: sens accru des responsabilités et de l’ambition (Napoléon Bonaparte), au prix d’une sensibilité étouffée et d’un tempérament soit froid et dépourvu d’affect (François Hollande) soit mélancolique, pour ne pas dire dépressif (Tim Burton et son esthétique torturée). Cet aspect est d’ailleurs plus fort chez les hommes, ayant naturellement plus de mal à vivre leur sensibilité. Au féminin, si cette position fait les femmes politiques (Marine Le Pen), elle semble être plus facile à vivre au quotidien (Theresa Tallien, à la fois « reine » du Directoire et chef de file des Merveilleuses). Après tout, la Lune est peut-être en exil dans le Capricorne, mais reste en domicile chez ces dames.

Mais pour bien comprendre cette position, il faut déjà voir que le domicile de la Lune est le signe du Cancer. Pour les anciens, notamment Ptolémée, il s’agit avant tout d’un signe humide, caractère voué à la nutrition et à la protection. Mettons-nous dans le contexte: l’astrologie occidentale fut inventée par des civilisations méditerranéennes, vivant dans des milieux très secs, avec une tendance à l’aridité. Babylone et l’Égypte étaient plus vertes qu’aujourd’hui, mais néanmoins bordées de déserts. L’eau y était précieuse, et la présence d’eau sous forme d’oasis, de rivière ou de nappe phréatique protégeait les êtres vivants, à commencer par les végétaux, de la sécheresse. Or, le Cancer, précisément, est un signe d’eau, qui plus est, de modalité cardinale, c’est à dire un « socle » élémentaire. Cette idée double de socle et d’eau est probablement le mieux exprimée par le dieu sumérien Ea/Enki, dieu des eaux souterraines: la présence d’une telle réserve d’eau garantit que, même par forte chaleur, la terre reste toujours humide et fertile, les eaux remontant alors constamment à la surface par capillarité. C’est pourquoi ce dieu était considéré comme créateur, source de vie et protecteur des hommes.

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Le signe du Cancer reprend cette symbolique, étant domicile de la Lune (planète humide de nutrition) et exaltation de Jupiter (planète humide de protection). Symbole de la famille, du foyer, de la sensibilité, il est le jardin secret, le lieu intime de ressourcement; il manifeste pleinement la fonction lunaire du puer aeternus, l’enfant divin source de vitalité, avec pour conséquence d’être parfois régressif et émotif. A l’inverse, le Capricorne est le signe cardinal de terre, qui figure un rocher inamovible. Domicile de Saturne, c’est un signe de sécheresse, de maturité et de responsabilité, au risque d’être parfois froid ou cassant.

Or, comme d’habitude en astrologie, les signes opposés du Cancer et du Capricorne sont intrinsèquement liés comme le yin et le yang, et il est significatif que le capricorne sumérien soit justement associé à Enki. Dans un sens, le Cancer est le signe de l’enracinement et, correctement « nourri » par la Lune, il devient un signe de stabilité et d’endurance digne de son opposé saturnien: c’est notamment le signe traditionnellement associé à la lutte. Réciproquement, si le capricorne érige souvent des barrières, comme la « forteresse intérieure » des stoïciens, c’est pour fortifier leur propre sensibilité; soit dans le sens d’un isolement, soit, au mieux, de façon à la rendre imperméable aux coups de la vie. Le jardin intérieur peut donc soit n’être accessible que dans la plus stricte intimité, soit, quand la leçon d’endurance du signe est mieux intégrée, s’afficher crânement au yeux de tous, au mépris du qu’en-dira-t’on. C’est le cas par exemple de Lemmy Kilmister, emblématique leader du groupe Mötörhead et Capricorne ascendant Capricorne, dont la personnalité et la musique n’ont pas changé d’un iota au fil des modes; ou encore de certains psychothérapeutes qui collent des marcassins partout sur leur blog.

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Un look à la fois moderne et consensuel

Bref, voici la clé pour comprendre la Lune en Capricorne: quand la planète se manifeste au sein du domicile de Saturne, c’est par le biais de ce reflet Cancer au sein d’une « forteresse intérieure » qui la protège mais peut l’emprisonner. Pour éviter cela, deux solutions:

– soit vivre pleinement la dimension sociale du signe, avec sa part de responsabilité: c’est Saturne, exilé sur Terre par Jupiter, qui amène l’âge d’Or.

– soit chercher à renforcer la sensibilité, à permettre de l’assumer pleinement: c’est Isis (Saturne) reconstituant Osiris (la Lune) coupé en morceaux pour le ressusciter.

Ces deux voies ne sont pas incompatibles, et sont peut-être même complémentaires. La première peut mener à une fuite en avant dans la maitrise, et mener à sauver les autres sans pouvoir se sauver soi-même. La deuxième peut risquer un certain égoïsme, mais, surtout, elle est plus compliquée à mettre en œuvre. Bref, à savoir doser en fonction des cas individuels.

En tous cas, il faut bien voir que, si Saturne le « grand maléfique » recherche la maturité, cela ne signifie certainement pas l’ennui ou la gravité. Au contraire, l’humour est un trait fréquent du capricornien; peut-être parce qu’on ne rit jamais de bon cœur que dans les cimetières, comme disait Pierre Desproges (Lune en Capricorne), mais aussi parce que le côté intemporel du signe (et de la planète) joue à double sens: le saturnien nait vieux, et vieillit jeune. Chez lui, jeunesse et vieillesse ne se succèdent pas: elles cohabitent en permanence.

Le Juge des Enfers

En découvrant pour la première fois le sommaire de la Bible, je fus surpris, et, pour tout dire, ennuyé à l’avance, en découvrant un « livre des Juges ». Qu’est-ce qu’ils vont bien nous raconter,  me disais-je, des cas pratiques de droit à la sauce Âge de Fer? Heureusement, ce n’est pas le cas: prenant place après une conquête pour le moins imparfaite du pays de Canaan par les Israélites, ceux-ci sont entourés de peuples puissants cherchant à conquérir le territoire que Dieu leur avait promis. Aussi celui-ci, pour les défendre, suscite-t-il des héros surpuissants, en cas de danger, pour les sauver; ce sont nos Juges, entre autres le fameux Samson. Malgré cela, Israël ne fut pas satisfait et demanda un roi comme les autres peuples pour tenir lieu de protecteur permanent. Le temps des Juges, hommes providentiels à la mission éphémère, s’achève quand Dieu décide à contrecœur de céder à leurs demandes, alors qu’il souhaitait leur épargner le fardeau d’un gouvernement. Et de fait, la royauté commence sous de mauvais auspices, avec un roi Saül bien imparfait. Le deuxième roi, David, est un des rares à être réellement fidèle; son fils Salomon, malgré sa sagesse proverbiale, tombe dans l’idolâtrie vers la fin de sa vie.

Bref, ces fameux juges portent mieux le costume de Batman que la robe de magistrat, et leur fonction a peu de rapport avec le droit, à moins qu’on les considère aussi flics et bourreaux en même temps, ce qui est tout de même assez éloigné de notre conception de la justice.

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Quoique

En fin de compte, il est intéressant de regarder l’histoire avec ce concept en tête: non seulement l’intervention d’hommes (et femmes bien sûr) providentiels, mais aussi le contraste avec le gouvernement permanent. Les crises de l’Église ont suscité de grands saints: aux XII-XIIIe siècle, une crise de la foi et de la papauté (qui culminera avec le schisme d’Occident) voit naitre en rang serré Saint Dominique, Saint François d’Assise, Saint Thomas d’Aquin, Saint Bonaventure et Saint Antoine de Padoue. A la naissance du protestantisme, on voit Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila et Saint Ignace de Loyola cohabiter dans l’Espagne du XVIe siècle. Et dans un registre plus politique, voyons l’humble bergère Jeanne d’Arc sauver le royaume de Charles VII réduit à sa portion congrue; le petit caporal Napoléon remettre d’aplomb la France noyée dans le délire révolutionnaire; De Gaulle intervenant quand la IIIe République puis, en 1958, la IVe aussi se retrouvent dépassées, etc.

Voilà, il me semble de beaux exemples de Juges, et à chaque fois, apparus lors de crise des autorités légitimes, comme si la chronologie de l’Ancien Testament était déroulée à l’envers: le temps des rois étant aboli, le temps des Juges reprend son cours. Et il y aurait beaucoup à méditer sur les États-Unis, pays qui se flatte de sa démocratie, tout en vénérant ses présidents comme des rois, et qui, comme en atteste sa production industrielle de superhéros, semble appeler des ses vœux les Juges de Dieu pour le sauver. Le sauver de quoi, d’ailleurs? La question se pose.

En astrologie, en tous cas, il existe un Juge, c’est Pluton. Planète du dieu des Enfers, elle est le sceau de l’Apocalypse: comme dans le dernier livre du Nouveau Testament, elle suscite les plus mauvais côtés des signes dans lesquels elle transite pour mieux les combattre ensuite en deux occasions: lors de son transit, et par le biais des natifs de cette même époque.

pluton

C’est ainsi que Pluton en transit dans le Lion entre 1937 et 1953 a vu les premières exactions des dictatures (caricature du principe lion de gouvernement) du XXe siècle, avant de donner la génération des baby-boomers, égoïste et jouisseuse (le Lion étant le signe de l’égo et des loisirs). Pluton en Vierge, signe de stérilité, de routine et d’exactitude, a vu le début du contrôle des naissances, le « métro-boulot-dodo », et nous a donné une génération de PDGs gérant les grandes sociétés française à coups de chiffres, comme des comptables. Pluton en Balance, signe d’hédonisme et de doute, a signé les extravagances et l’explosion de la drogue dans les années 70, avant d’enfanter la génération X, consumériste et paumée.

Aujourd’hui, que penser? De 1985 à 1995, Pluton était en Scorpion, son domicile, le signe des forces cachées. Les jeunes d’aujourd’hui sont les natifs de cette époque, qui a commencé avec Tchernobyl (la radioactivité est un thème Scorpion) mais surtout a vu l’émergence d’une nouvelle donne politique. Et je ne parle pas seulement de la chute progressive de l’empire soviétique, mais aussi, en France, de la transformation progressive de la culture ambiante par le socialisme: apparition de l’antiracisme, Fête de la musique comme coup d’envoi du festivisme niais qui étouffe chaque jour un peu plus ce pays. Bref, une nouvelle classe de realpolitik: la modification directe de la culture, désormais imposée de force par l’élite au lieu d’évoluer naturellement. « L’hégémonie idéologique et culturelle précède la victoire politique »; cette phrase du communiste Gramsci est, paradoxalement, la clé de voûte de cette époque de fin de règne du bloc de l’Est. Phrase que la droite n’aurait jamais du oublier; l’abandon de la culture et de l’intellect à la gauche pour s’occuper des « affaires sérieuses » (c’est à dire son portefeuille) a scellé sa déconfiture actuelle, n’ayant plus d’autre valeurs à défendre que celles de ses ennemis.

Pluton en Scorpion dévoile à ceux qui le veulent bien la source du pouvoir, et malheur aux vaincus. Mais justement, la planète semble bien avoir marqué les natifs de son sceau. Car, massivement, ces jeunes ne croient ni ne lisent les journaux comme leurs parents. Que font-ils, et qui écoutent-ils? De plus en plus, les voix, justement, de la politique du réel. Alain Soral. Dieudonné. Vladimir Poutine. Même chez les familles bien comme il faut; et d’ailleurs, les jeunes de La Manif’ Pour Tous ne semblent pas forcément partis pour écouter ni leurs parents, ni leurs évêques. Bon, pour l’instant ils affluent à l’UMP, leur « famille politique naturelle » (lol), mais il faut bien se faire les dents.

En tous cas, Pluton semble bien avancer ses pions; certes, elle le fait également dans les générations précédentes, mais l’effet de masse d’une génération entière peut tout changer. L’État faiblit, et le temps semble s’écouler de nouveau à l’envers; du temps des rois, ou plutôt des roitelets, vers un nouveau temps des Juges. Comme disent les Chinois, nous  risquons bien de vivre en des temps intéressants.

Mars en Balance

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Quand Vénus est là, Mars s’endort bien vite!

 

Un des problèmes de l’astrologie est le fatalisme qui s’y rattache trop facilement, et qui pousse certains à se faire un sang d’encre si tel ou tel aspect de leur thème leur semble mal engagé, à commencer par tout ce qui est traditionnellement considéré comme maléfique: carrés ou oppositions (arcs de 90° et 180° respectivement entre planètes), ou encore positions de « débilité » des planètes. Pour les hommes, c’est évidemment la virilité, donc la planète Mars, qui est l’objet de toutes les attentions, et malheur à celui qui a cette planète en exil, se retrouvant alors dans les signes domiciles de Vénus, le Taureau et la Balance.

Le Taureau, bovin et lourd, appesantit cette planète d’initiative et rend l’action difficile; encore lui donne-t-il de la puissance, ce que nul ne contestera chez certains natifs comme Mohamed Ali, Chuck Norris, ou encore le philosophe Michel Onfray, qui, outre ses appels à l’hédonisme (notion Taureau, signe de la Vénus terrestre), est un polémiste qui fourbit patiemment ses armes. Le problème est bien plus aigu pour les natifs de Mars en Balance, signe de la Vénus céleste, du raffinement, de la délicatesse et de la diplomatie, ceux-ci se sentant parfois comme châtrés, voire invertis! Certes, partager le signe marsien de Freddie Mercury et Marcel Proust n’est pas forcément de bon augure, même si on pourrait aussi citer Jacques Mesrine et le leader de Metallica James Hetfield pour faire bonne mesure. Alors je vais tâcher de les rassurer, en expliquant pourquoi cette position n’est pas si négative, et comment en tirer le meilleur parti.

Tout d’abord, il faut bien voir que la Balance (qui est malgré tout un signe masculin) est l’opposé diamétral du Bélier, domicile de Mars et principe d’action, d’affirmation, et d’égocentrisme. On en déduit donc, traditionnellement, des propriétés inverses de la Balance: équilibre, diplomatie, délicatesse. Cependant, les signes opposés ne sont pas si incompatibles qu’on le dit souvent, mais plutôt complémentaires: il est important qu’une alternance, voire une véritable respiration, se fasse entre les deux. Ainsi, la Balance n’est pas que passivité, mais, là où le Bélier est action, elle est réaction, riposte plutôt qu’attaque. C’est ainsi que, si le signe n’est pas forcément moteur, il peut être, dans des situations de réaction, aussi énergique que le Bélier, cette réaction pouvant être permanente envers certaines causes. En effet, la Balance est le signe d’exaltation de Saturne, planète de la justice, ce qui symbolise la « cristallisation » du ressenti sous forme de loi morale et inaugure le rôle du signe comme symbole de la justice).

Cet aspect de réaction est bien illustré par un natif du signe, Vladimir Poutine, dont le traitement musclé des questions politiques n’est un secret pour personne. Pourtant, si l’on regarde bien, dans les cas de la Crimée, de l’Ossétie ou de la Tchétchénie, ce n’est jamais lui qui a porté le premier coup; il n’a toujours fait que réagir à des situations déclenchées par d’autres. Ou encore le polémiste Alain Soral, Balance ascendant Balance, qui, ayant échoué son incursion sur le terrain des élections, connait désormais le succès à travers le think tank « Egalité et réconciliation », deux notions typiques de la Balance. Chez les Mars en Balance, on compte, dans le même ordre d’idée, le stratège de génie Erwin Rommel, ainsi que Winston Churchill, qui a su se comporter en véritable chef de guerre.

Ce qui nous amène à une autre notion, celle du signe comme terrain d’expression de la planète, mais pour cela, il faut déjà se demander: qu’est-ce que cette virilité que Mars est censée représenter? Aux temps païens, cela semblait clair: Mars est le dieu de la guerre. Être un homme libre, c’était avant tout porter les armes, la participation à la vie de la cité étant, chez les grecs et les romains, lié à ce « prix du sang ». Cependant, entre l’Arès grec et le Mars romain s’opère déjà un changement. Le premier était un dieu de carnage et un vantard, là ou Mars, dieu originellement agricole, est avant tout le gardien des frontières, et représente le soldat-citoyen de l’époque républicaine, pressé de retrouver ses terres une fois sa mobilisation terminée. Bref, l’action martienne n’est pas que guerrière, mais aussi participation active à la sphère sociale, c’est à dire transformation du monde. Ce qui peut, bien heureusement, s’accomplir de bien des manières, y compris à travers les thématiques Balance.

Ainsi, chez les natifs de Mars en Balance, on compte pas moins de trois papes ces dernières décennies (François, Jean-Paul II et Paul VI), ainsi que le XIVe Dalai Lama, dont l’action dans le monde passait par les notions Balance d’altruisme, mais aussi par le charisme. Également l’ancien ministre des Affaires  Étrangères (donc chef de la diplomatie) Dominique de Villepin, ainsi que Richard Branson, qui a fondé l’empire Virgin sur la base de l’idée de juste prix et de bonnes conditions de travail. Et dans un registre encore plus ‘délicat’, le cuisinier Philippe Conticini, qui a marqué son domaine par son inventivité. Tous ces gens ont donc su agir, virilement, chacun dans son domaine, marqué par la Balance; il s’agit pour cela, en fin de compte, de comprendre les tenants et aboutissement du signe, ou du moins de savoir l’appliquer à sa propre vie, à ses propres goûts et aspiration. C’est un aspect important des planètes en exil, ou, plus généralement, des aspects de tension dans un thème astral: ce sont des difficultés pousse au travail sur soi, et, en fin de compte, apportent parfois une force supplémentaire, là où avoir trop de positions faciles peut inciter à la paresse et ne pas donner grand chose, d’où la relativité à donner au notions traditionnelles de « bénéfique » et « maléfique ».

Enfin, certains vont sûrement enfin se plaindre qu’avoir la même position de Mars que des papes n’est pas de bon augure pour leur vie sexuelle; mais bon, hein, si vous êtes pas content, fallait naitre à un autre moment, et puis c’est tout. Vous n’avez qu’à vous plaindre à vos parents, comme vous le conseillerait Freud, qui, comme de bien entendu… avait Mars en Balance!

Victoire par chaos

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Quelques psychologues de magazine ont cherché à décortiquer le thème d’une personnalité aussi en vue que notre cher président (même avant son accession à la magistrature suprême, d’ailleurs) avec des résultats mitigés: globalement, personne n’a semblé arriver à en dire grand’chose; trop normal, peut-être. Des astrologues se sont penchés sur la question, sans forcément apporter de grandes lumières à la question. J’en ai même trouvé une sur le net qui, tout en indiquant les date et heure de naissance correctes, a réussi à ne pas analyser le bon thème; c’est dire (genre deux bonnes années d’écart). Au reste, même si c’est hors sujet, je tiens à rétablir la parité en signalant cet astrologue, mâle, que j’ai vu affirmer avec aplomb que Manuel Valls, né en plein mois d’août, était donc natif du Cancer, alors que la première coiffeuse venue sait bien qu’il s’agit de la période du Lion.

Bref; déjà, comme j’imagine que tous mes lecteurs ne savent pas de quoi je parle, un thème astral est un « cliché » du ciel tel qu’il était à la naissance d’une personne. Il dépend donc du lieu, de la date et de l’heure de naissance; on y retrouve les positions des planètes dans les signes (le tout désigné par des glyphes), ainsi que l’Ascendant, qui dépend de la position de l’horizon par rapport à la roue des signes. A ces données brutes s’ajoutent ce qu’on appelle les aspects, c’est à dire les conjonctions (planètes voisines qui se retrouvent liées de facto), indiquées par de petits cercles; aussi, les angles remarquables (30°, 60°, 90° et 180° principalement) que forment les planètes entre elles, indiqués par des segments colorés. Voici donc celui de notre intéressé:

Alors oui, du coup, c’est un peu dur à lire au début. On peut y voir, déjà, les liens avec des parents, que les psys ont pu évoquer, mais également bien d’autres choses:

  • Rapport difficile mais structurant avec le père: Soleil (paternité), conjoint Pluton (puissance et conflit) en Lion (goût du spectacle, utile en politique!)
  • Relation plus propice avec la mère, qui l’oriente vers le socialisme: Jupiter (réussite et chance) en Cancer (famille maternité), signe où la planète est exaltée (gain de force)
  • La Manif Pour Tous appréciera le fait que Jupiter soit ici conjointe à Uranus en Cancer, ce qui peut se traduire par: la réussite (Jupiter) est liée à une révolution (Uranus) de la famille et des traditions (Cancer)
  • L’orientation politique se traduit par la recherche de responsabilités: Lune (planète maîtresse du cancer) en Capricorne (maturité, responsabilités). La lune est ici en exil, c’est à dire au minimum de force, ce qui peut impliquer une certaine sécheresse, ou un gros poids des responsabilités
  • Et le tout se traduit en énergie active: Mars (planète de l’action) en Sagittaire (signe dominé par Jupiter); Sagittaire qui est aussi le signe de l’étranger au sens large, ce qui est de bonne augure dans un parti qui courtise les descendants de l’immigration.
  • On voit également une conscience aigüe des forces en action dans l’arène politique: Saturne (sagesse, prudence) en Scorpion (forces cachés).
  • Un sens de la séduction (si si, il en faut bien pour réussir en politique) donné par Vénus (rapports sociaux, charme) en domicile (maximum de force) en Balance (diplomatie, éloquence).
  • Enfin, un Ascendant Gémeaux, signe de l’intellect et de l’humour, qui peut expliquer sa réputation de grande intelligence et son fameux goût des petites phrases assassines.

Mais un point qui me semble particulièrement intéressant est la concentration de plusieurs aspects sur Lilith, la lune noire. Cette entité astronomique n’est pas un corps céleste, mais le deuxième foyer de l’orbite de la Lune (le premier étant la Terre) et, si sa définition actuelle est relativement récente (1937), l’astrologue Hadès, notamment, lui reconnait une grande puissance. On lui attribue la représentation de l’inconscient personnel freudien, mais surtout de celui de Carl Jung: l’archétype de l’Ombre, le « jumeau maléfique » présent dans bien des mythologies ou même des histoires contemporaines (voir Dark Vador dans Star Wars). L’archétype jungien, évolution de la notion freudienne de ‘complexe’ (qu’il avait lui-même formulé alors qu’il était disciple de Freud) représente une fonction de l’inconscient qui, mal prise en compte, prend en quelque sorte une personnalité propre, une forme humaine avec laquelle il est possible de dialoguer, se qui se fait soit par dialogue intérieur, soit par projection sur un tiers. Et l’Ombre, parmi les archétypes, est celui qui sert de réceptacle à toutes nos tendances refoulées (pas toutes mauvaises, mais au moins immatures), ce qui fait de lui un « repoussoir »; l’Ombre fait peur, et attire, globalement, des réponses émotionnelles intenses.

Jung, non content de délimiter son rôle thérapeutique, note avec sagesse, son rôle dans les relations humaines: ainsi, souvent, la peur de l’autre est souvent la peur de notre propre Ombre. C’est la parabole de la paille qu’on voit dans l’oeil de l’autre sans voir la poutre dans le notre; comme le fait remarque Jung, les recommandations du Christ (mais aussi de l’Ancien Testament: « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même » Lévitique 19:18) ont pour effet de pacifier les rapports avec l’Ombre, donc avec nous-même.

Pour conclure ce large détour psychologique en astrologie (j’ai mis longtemps à me décider d’écrire cet article, tant le boulot à faire me fatiguait d’avance), le rapport à cet archétype est piloté par Lilith, selon différentes modalités représentées par les signe du Zodiaque, en particulier:

  • La « double personnalité » que l’on associe au Gémeaux (à la fois rieur et parfois sec et cassant), sans forcément l’expliquer: il s’agit d’un signe intellectuel, mais parfois superficiel, donc peu enclin à l’introspection. Or, une telle attitude, nous dit Jung, est le meilleur moyen de faire croître l’Ombre. En fin de compte le signe du Gémeaux peut amener à développer l’Ombre, mais sans s’en rendre compte (défaut d’introspection) car elle se retrouve projetée sur les autres. Ce signe étant associé aux adolescents, on retrouve la tendance de la jeunesse à trouver des « cons » partout, y compris chez les ados attardés que sont bien des caricaturistes (Cabu et ses éternels flics à moustache).
  • A l’inverse, le signe diamétralement opposé au Gémeaux, le Sagittaire, est celui de l’étranger: l’homme est en accord avec son ombre (le Sagittaire est mi-homme mi-cheval, c’est à dire qu’il accepte ses aspects inférieurs) et donc avec les autres, aussi différents soient-ils.
  • Enfin, la Balance, le signe de la négociation, est le deuxième signe d’air (c’est à dire d’intellect) après le Gémeaux; il illustre bien la nécessité, pour la maturité, de composer avec son Ombre. A un telle point que ce signe, vénusien, est le patron des arts, mais aussi de la paresse et de la lascivité: on finit par accepter ses pulsions inférieures sans faire de discrimination.

Voilà voilà. Bien. Revenons donc à notre natif qui a, justement, Lilith (dont le glyphe est un croissant de lune surmontant une croix) en Balance (en bas à droite) recevant des aspect de bien des planètes, et l’Ascendant en Gémeaux; deux positions de force pour Lilith, mais aussi les deux mécanismes psychologiques majeurs liés à l’Ombre: la projection, la négociation. Et, si l’on regarde bien, c’est là, dans ce rapport à l’Ombre qu’est tout le talent de François Hollande.

En effet, qu’est-ce que la gauche? C’est, depuis Mitterand, un outil avant tout idéologique visant à censurer toute idée adverse par la diabolisation, puis l’action en justice (la victoire importe d’ailleurs relativement peu, l’essentiel étant de faire perdre du temps et de l’argent aux cibles afin de leur faire passer le goût de recommencer). Ce travail incombe principalement aux nombreuses associations droitsdelhommistes anti-discrimination, qui sont autant de phalanges paranoïaques (par la force des choses) et hystériques, représentant parfois des sensibilités incompatibles, voire ennemies (l’islam ou le judaisme ne font pas bon ménage avec les revendications LGBT).  Et donc, François Hollande seul, au PS a su équilibrer ces tendances en leur évitant de s’entredéchirer. Par projection de l’Ombre, il concentre la haine de ses troupes sur des ennemis désignés, les « fachos », L’Eglise, etc, tandis que ses ennemis, eux, se concentrent sur de problème du musulman, de la féministe, de l’immigrant etc sans voir ceux qui se tiennent derrière. Puis, par négociation, il se fait l’arbitre entre les tendances et leur point d’équilibre (symbolique Balance). On le dit mou et inconsistant, ne sachant que rechercher le consensus; mais c’est précisément ce qui lui donne ce pouvoir sur ses troupes. Ce faisant, il a su mieux que personne marcher dans les pas de Tonton, qui pourtant le méprisait; comme disait l’autre, « la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire » (Matthieu 21,42, en référence à Psaumes 118, 22).

Au vu de tout cela, il me semble urgent de chercher l’unité, d’insister sur ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous sépare, afin de ne pas enter dans le jeu des projections. Car en fin de compte, comment croire que le « Grand Remplacement » des Français de souche par des immigrés soit l’urgence principale, alors que les musulmans s’allient à la Manif Pour Tous, et que les jeunes de banlieue suivent massivement le catholique pratiquant Dieudonné (lui-même pas franchement souchard) et le « catholicisant » Alain Soral? Comment ne pas voir que les causes des femmes et des homosexuels sont détournées par une minorité d’idéologues aux motivations douteuses, ni que la plupart des juifs sont pris en otages par certains membres de leur propre communauté, alimentant la peur du nazisme pour mieux servir leurs intérêts? Comment, enfin, ne pas voir le spectre maçonnique derrière tant d’athées et de laïcards de bonne foi?

Bref, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté; seul un vrai effort (parce que c’est dur, il faut bien l’admettre) de fraternité permettra de sortir de la toile tissée depuis trente ans par les faux prophètes. Et pour les cathos, peut-être faudra-t-il rappeler que l’oecuménisme et la tolérance ne sont pas des produits de la Nouvelle Théologie, puis de Vatican II, mais sont bel et bien ancrés radicalement dans les Écritures, car Pierre lui-même dit:

En vérité, je me rends compte que Dieu ne fait point acception de personnes mais qu’en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable. (Actes des apôtres 10, 34-35)

Perfection et ambition

Tiens, je me rends compte, en relisant l’article précédent, que j’ai commis quelques fautes de frappe. Mais bon, je ne vais pas les corriger, du moins pas tout de suite. Pas que j’aie la flemme ou que je manque de temps, c’est un choix conscient, par discipline personnelle. Il faut dire que, pour commencer ce blog, j’ai du lutter contre une nette tendance au perfectionnisme, ou plutôt à l’ambitionnisme. Si, comme mon correcteur orthographique, vous ne connaissez pas ce mot, c’est normal. Je viens de l’inventer, faute d’en trouver un adéquat dans mes réserves, pourtant extensives, de vocabulaire.

Le perfectionnisme! Malgré l’utilité de ce concept, par exemple pour donner une réponse pas trop pénible au recruteur qui vous demande votre plus gros défaut, on voit tout de suite les problèmes qu’il peut poser. Ne pas vouloir autre chose que la perfection, qui n’est pas de ce monde, c’est encore la meilleure façon de ne rien accomplir, dans ce monde mais aussi dans le prochain, comme l’illustre sans ambiguïté la parabole des talents. Cependant, le perfectionniste, si je comprends bien, semble être avant tout obsédé par le contrôle. Le résultat concret de ses actions, ou plus précisément, leur portée, lui est plus ou moins indifférent, du moment que tout est fait parfaitement. Ce qui, pour être franc, ne me ressemble pas vraiment, et mes anciens professeurs pourront vous le confirmer sans peine. Mais alors, que suis-je? Eh bien, ambitionniste: pour moi, l’ambition, le résultat concret des actions, est ce qui compte le plus. J’ai la phobie de me lancer dans une action qui ne me semble pas pouvoir réussir spectaculairement. Pour prendre un exemple concret: en choisissant un sport, le perfectionniste va choisir quelque chose qui lui plait, puis s’acharner dans la compétition et l’entrainement pour devenir un champion; alors que moi, je serais plutôt du genre à choisir exprès un sport dans lequel il me semble être doué, pour être sûr de gagner!

En astrologie, il y a une assez bonne façon de représenter ça, grâce à deux signes spécialistes du travail: la Vierge et le Capricorne. La Vierge est le signe du contrôle et du détail; amplifiez jusqu’à la caricature, et vous avez le perfectionnisme. Le Capricorne est le signe de l’ambition, et donc évidemment, il mène à l’ambitionnisme: au rejet des entreprises futiles, jusqu’à l’austérité. Le penchant pour l’optimisation et le cyni… la lucidité qui en découle peut aiguiser le sens stratégique. Après tout, le Capricorne est le signe d’exaltation de Mars! Mais bon, l’ambition est un objectif à long terme, pas toujours facile à supporter quand on voit les autres s’amuser. Même le perfectionniste, qui passe peut être son temps à couper les cheveux en quatre, mais au moins en retire un certain plaisir.

Bref, tout ça pour dire que je préfère me lâcher un minimum sur ce blog, de peur qu’il commence à demander trop de temps et de contrôle pour mes tendances optimisatrices. Mais évidemment, je ne m’interdis pas de venir corriger mes fautes plus tard; il ne faudrait pas que je me mette à optimiser mon relâchement!