Chamanisme et théorie de l’information

informatique

En fouinant dans les livres ou blogs d’occultisme, je vois régulièrement parler de « voyage chamanique », ou de « voyage astral », une expérience qui peut s’apparenter à un rêve lucide permettant d’explorer d’autres « mondes », à la différence près que le phénomène s’accompagne souvent d’une impression de sortie de l’esprit hors du corps. On peut par exemple avoir l’impression de voir son propre corps, comme lors des expériences de mort imminente.  Évidemment, tous les témoignages ne sont pas fiables, mais bon, pourquoi pas? En tous cas, votre serviteur n’est pas allé jusque là, s’étant contenté du bête rêve lucide, en m’inspirant non pas des rayons new-age des librairies, mais plus prosaïquement des techniques de Carl Gustav Jung: le dialogue intérieur et l’imagination active.

Ces deux techniques sont similaires: à partir d’informations de base issue des rêves, il suffit de commencer par un effort d’imagination puis de se laisser porter. Le dialogue intérieur vise à prendre contact avec les archétypes jungiens, fonctions de la psyché apparaissant sous forme anthropomorphe: ce sont souvent les personnages principaux des rêves. Il faut d’abord considérer le personnage en question comme un interlocuteur, et lui poser des questions, puis imaginer ce qu’il pourrait répondre. Au fil du temps, un réel dialogue s’engage. Quand au rêve lucide, il peut reprendre complètement le rêve, ou partir d’un seul élément. L’imagination essaie de faire évoluer les personnages impliqués, les événements en cours jusqu’à ce que que tout commence à se dérouler de façon naturelle. Dans les deux cas, il faut parfois essayer plusieurs options, pour voir lesquelles fonctionnent ou pas. Cela peut sembler arbitraire, mais les romanciers ou scénaristes, qui travaillent en fin de compte d’une façon similaire, le disent bien: quand un personnage devient réellement vivant, le créateur en perd parfois le contrôle. Certaines de ses actions deviennent évidentes, tandis que d’autres deviennent impossibles.

Mais pour cet article, je vais m’intéresser à un autre sujet, qui n’aura pas échappé au lecteurs tatillons: quand le but recherché n’est pas la création artistique mais la connaissance (ce qui est le cas des méthodes jungiennes comme des techniques occultes), comment savoir où s’arrêtent l’imagination et les vœux pieux et où commence l’information réelle? Pour ma part, j’ai utilisé, justement, des concepts issus de la théorie de l’information. En effet, si je discute avec une figure « imaginaire », je devrais a priori faire les questions et les réponses, et ses répliques ont peu de chance de dévier de ce que j’attends. Or, en pratique, il arrive justement de se retrouver avec des réponses inattendues. Or, précisément, la quantité d’information donnée par un événement est d’autant plus élevée qu’il est improbable. En langage courant: c’est l’étonnement qui témoigne de la valeur d’une information. Du coup, tant que je suis étonné, je peux continuer: je sais que je suis sur la bonne voie.

Cela peut apparaître basique, et effectivement, nous procédons souvent comme cela au quotidien. Mais en avons nous conscience? Car au contraire, on a parfois tendance à écarter les affirmations ou événements trop étonnantes; peut-être justement parce qu’elles nous donnent plus d’information que nous aimerions en avoir. En tous cas, vu le nombre de fois où les scientifiques plaisantent sur leur habitude de masquer les expériences qui ne vont pas dans le sens de leurs théories, l’étonnement semble mal parti pour être un moteur de la recherche!

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